Archives de Catégorie: Allemagne

Lobbyistes pour la majorité silencieuse?

En principe, l’Allemagne veut se débarrasser de ses centrales nucléaires. Le plan est donc de fermer définitivement les centrales existantes et de ne pas en implanter de nouvelles. Les lobbyistes ont travaillé fort pour faire en sorte que ce « programme d’abandon progressif » soit encore plus ralenti, ce qui fait en sorte que le gouvernement actuel a réussi à prolonger la durée de vie des centrales qui devaient être fermées sous peu de douze ans.

Samedi, il y a eu une grosse démonstration à Berlin pour protester contre cette décision: on estime le nombre de participants à 100 000 personnes. Conclusion logique du gouvernement: « oui, mais la majorité silencieuse est restée à la maison… »

Et quelle majorité était assise à votre table lorsque vous êtes arrivés à la conclusion qu’abandonner l’énergie nucléaire, ça ne pressait pas tant que ça?

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Vue de la Hauptbahnhof (gare centrale), un des points de rassemblements avant la démonstration.

Angela Merkel et Mr. Burns, un dream team.

Les risques d’un accident nucléaire à la Tchernobyl sont potentiels, et les déchets nucléaires, trop réels.

Comment j’ai survécu à la mort de Michael Jackson

Il y a des moments où on est déconnecté de toutes formes de communication contemporaine (oui, ça peut arriver) et où les bons vieux mécanismes de transmission de nouvelles se mettent en branle.

Ces derniers jours, j’étais en campagne, entourée d’une quantité incroyable de gens qui se passaient le mot: « hé, t’as entendu? Michael Jackson est mort ». Dans un tel contexte, on a le temps de se demander s’il ne s’agit pas d’une fausse rumeur qu’un plaisantin a décidé de faire circuler, juste comme ça, pour voir si ça marche. Mais bon, on a tôt su qu’il s’agissait de la vraie vérité et puis pourquoi pas, c’était bien un homme comme un autre ce Michael, ou même physiquement plus mal en point que la moyenne je dirais, et puis ça finit bien par mourir un jour, ces humains.

MichaelJackson

Tout de même, le contexte était particuler, presque ironique, puisque nous étions pour ainsi dire une immense masse de gens rassemblés dans un lieu qui aurait pu être baptisé « la version alternative de Neverland », si le rassemblement ne portait pas déjà le nom de: Fusion. 80,000 personnes, dit-on. La plupart étant des adultes qui refusent, par moments du moins, de grandir. Et qui aiment, comme le roi de la pop, danser.

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(c'est écrit FUSION en alphabet cyrillique)

C’était mon premier séjour au sein de ce festival qui, comme vous le voyez de par les chiffres, a énormément gagné en popularité depuis les dernières 12 années que ça existe. Moi, je n’y étais pas tellement attirée, mais cette année, j’étais invitée à y travailler un peu pour financer notre collectif vidéo. Ce qui me donnait un accès à la zone « Backstage » avec nourriture tout inclue. Du fait, mon expérience se distingue peut-être un peu de celle des gens qui ont dû payer leur entrée et tout ce qui vient avec.

Mais quand même. Même avec les privilèges, je dois dire que je m’y rendais avec quelques préjugés. J’ai rejoint par train les autres amis partis plus tôt dans la journée. De la ville avoisinante jusqu’au terrain du festival, il fallait s’entasser dans des autobus-voyageur. Pendant le trajet qui sentait le vieux dreads mouillé, envahie de jeunes surexcités, je me demandais bien il allait être où, le fun. J’avais peur de me ramasser avec une gang de ravers qui veulent juste te masser tout le temps.

Mais une fois sur place, j’ai bien vu la variété humaine, toute sa panoplie de genres, dans toute sa splendeur, profiter des moindres recoins d’un immense ancien terrain militaire d’aviation. Oui, l’espace même était un hommage au passage du temps, de la Guerre Froide qui a laissé ses traces sans trop savoir quoi faire de ses ruines. Dans les hangars d’avion abandonnés, des scènes de tout genre, du théâtre expérimental au punk, du dub au cabaret absurde, du jazz au balkan beat. Et bien sûr, du techno et des ravers ravis. On peut pas s’en sortir complètement, quand même. En tout, une quinzaine de scènes officielles, toutes aussi fréquentées les unes que les autres, puis des performances spontanées dans chaque moindre recoin. Et puis partout, des installations lumineuses, avec des patentes amoureusement gossées dans du bois, du tissu ou des déchets récupérés. La scène de bricoleurs freaks de Berlin et Hambourg est riche, riche, riche.

Bref, partout de la folie. 24 heures sur vingt-quatre, programme sans interruption. Les gens ont leur tente, se relaient pour dormir, mais si peu. Le beat garde éveillé, de toute façon.

Et puis surtout: pas une affiche de commandite. Rien de corporate. Impensable, de nos jours. Fait du bien aux yeux. La seule pub qui puisse exister, c’est celle des collectifs qui gèrent un ou l’autre des aspects du festival: à l’entrée, un message clair aux néo-nazis avec des drapeaux de la brigade anti-fasciste. Ou là encore, le bar principal qui s’appelle « no deportation class » et ramasse des sous pour les droits des réfugiés. Des exemples.

Je n’avais pas mon appareil photo avec moi, de toute façon c’est le genre d’espace qui se photographie par petits bouts, et puis les petits bouts ne rendront jamais l’ensemble… Ne serait-ce que dans les moindres détails, genre, les voitures de la sécurité et des ambulanciers: des vieilles bagnoles toutes dégringolées trafiquées à la Mad Max ou recouvertes d’un tapis sculpté en forme de lapin, avec la carotte géante qui pend au bout d’une corde.

Tout de même, pour que mon blogue ne soit pas qu’un roman, voici deux belles photos d’un dénommé GuyInkognito, puis vous en verrez des tonnes d’autres dans le pool flickr consacré à la Fusion.

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Après quatre jours entourée d’autant de gens, tu reviens à Berlin et les rues semblent bien vides. Mais je dois l’avouer, je n’étais pas déçue de remettre les pieds dans un petit village bien tranquille.

Ça va faire, les moutons.

mouton

Je porte régulièrement une tuque en plein mois de juin. Il est où, l’été berlinois?

Il a fait froid, donc, ces derniers jours. Parfois très beau, mais froid. Ça adonne peut-être bien pour moi qui doit passer les prochaines semaines devant un ordinateur, ou ensevelie sous une pile de livres et non pas au bord d’un lac en train de me sentir coupable de ne pas être devant mon ordinateur et ensevelie sous ladite pile.

Cette petit vent frais du mois de juin semble même porter un nom: Schafskälte, le froid des moutons. Un phénomène qui se produit en Europe Centrale, spécialement dans notre coin d’Allemagne. Conséquence: brrrrr. C’est relié, comme toujours on dirait, aux courants marins qui sont tout mélangés avec leurs températures.

Le nom bêlant et d’une sagesse ancestrale de ce temps frisquet nous indique qu’il s’agit d’un phénomène qui n’a rien à voir avec les temps modernes, le réchauffement climatique, tout ça. Ça s’appelle comme ça, parce que les sages éleveurs savaient qu’ils fallaient attendre après que le froid des moutons soit passé pour se mettre à la tondaine. En attendant, je me prendrais bien une petite peau de laine.

Flohmarkt on Ze Radio

Pour célébrer la crise financière, Macadam Tribus à fait un spécial CASH vendredi dernier. Je faisais partie de l’émission, en tant que fière représentante de cette ville depuis longtemps « pauvre, mais ô combien sexy » qu’est Berlin, pour y parler d’une activité dominicale quasi-sacrée, bien connue tous ceux qui ont mis les pieds dans le coin: les marchés aux puces.

À entendre ici.

Noël

Et oui, je suis au Québec, mais avant de partir pour fêter en terre natale, j’ai pris quelques photos du marché de Noël le plus illuminé de Berlin, juste derrière le nouveau centre d’achats Alexa, celui-là même où les gens se sont quésiment auto-écrasés tellement ils étaient excités de profiter des rabais monstrueux lors de l’ouverture officielle, l’an passé.

Les marchés de Noël sont partout à Berlin, c’est ben cute: tu prends un petit Glühwein, une petite Wurst et puis tu peux faire des tours de grande roue et autres manèges. Les personnages décorant les manèges sont décorés à leur tour pour faire plus Nowell, voir exemple ci-bas d’une hawaïenne qui en perd sa barbe.

Tout ça pour vous souhaiter rapido, en passant, un super temps illuminé, avec de l’amour et de la prospérité.

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En attendant Istanbul…

Il y a peut-être possibilité que je m’installe à Istanbul pour un ti-bout l’an prochain, pas sûr, pas sûr, mais tellement pas sûr… N’empêche que: en attendant, on se permet tout de même de rêver un ti-peu, de voir des signes convaincants et excitants partout, du genre: tout mon entourage qui a aussi envie d’aller y faire des projets et toute la presse allemande qui a aussi envie de couvrir tout ce qui a trait à la Turquie. Bref, j’ai profité de l’engouement actuel pour parler d’un thème indémodable dans ma dernière chronique à Macadam Tribus: la communauté turque en Allemagne, saluant d’abord la nomination récente de Cem Özdemir à la co-direction du parti vert.

À entendre ici.

À la radio

Me revoilà à la radio – c’était la semaine passée en fait – je racontais cette fascination pour la Bande à Baader et Meinhof. Entendez ici.