berlin et les autres

Entrée de mai 2008

Chien chien

Vendredi, 30 mai, 2008 · 2 commentaires

Du 27 mai au 1er juin, se déroule la “Semaine d’action pour les espaces autonomes” à Berlin, apparemment. Je le mentionne comme ça, pas comme si c’était vraiment spécial dans la vie berlinoise, parce que j’ai plutôt l’impression qu’il ne se passe pas une semaine sans que ces espaces autonomes ne proposent une série d’actions. Propriétaires de BMW, Porsche et autres Mercedez stationneront toujours leur voiture à leur risque et péril dans c’te ville.

Toujours est-il que j’étais à Friederichshain mercredi et que l’atmosphère était électrique au Fischladen, bar sur la Rigaerstrasse, très probablement la rue où co-existe le plus grand nombre de gens ayant des dreads et/ou un berger allemand – accessoires bien de mise dans ce quartier d’espaces autonomes. (Bon, j’avoue, pour les gens qui connaissent bien Berlin, c’est pas un thème très nouveau, le chien comme accessoire démontrant son statut social, mais puisque j’en n’avais pas encore parlé ici, je profite de l’occasion, hein).

Le bar ne suffisait pas à contenir l’attroupement, la rue était bondée et la pôôôlice pas trop loin. Je pense que l’intention était de réouvrir le Loch, soit “le trou”, bar qui m’avait absolument fascinée lors de mon premier plus long séjour à Berlin, il fallait littéralement se glisser dans une trappe dans le trottoir et puis tu tombais dans un monde parallèle, avec des punks qui récitaient des poèmes sur un fond de violon trash devant un attroupement de chiens et de joueurs de baby-foot tout rafistolé avec des cuillères et des vieilles figures en bois. La quintessence de Berlin. N’existe plus.

Bref mercredi, tout le monde était au Fishladen. Et au nom de berlin et les autres, j’ai osé vivre dangereusement : eh oui, j’ai réussi à prendre en photos deux spécimens de chiens parmi les 22 000 qui circulaient entre nos pattes ce soir-là. Pas facile, je vous dis, parce que les autonomes sont ben anti-photo et comme il faisait très noir, je ne pouvais pas m’en sortir discrètement, ie. sans flash. Mais pour vous, chers lecteurs, et au nom de l’Art avec un grand Tas, je me dévouerai toujours.

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Mes soirées criminelles – 1

Lundi, 26 mai, 2008 · 2 commentaires

Hier, j’ai renoué avec un de ces petits rituels hebdomadaires typisch deutsch : à chaque dimanche, à 20h15, nous sommes invités à visiter les lieux du crime. Dans la bibliothèque, sans Mr. Green ni son tuyau de plomb, mais avec un petit attroupement de colocataires fort animés.

L’émission allemande Tatort existe depuis 1970. À chaque semaine, une recette simple: un meurtre, des commissaires qui enquêtent. À cela s’ajoute un petit flirt qui traîne souvent dans l’air, souligné à grands traits par des effets musicaux. Et à la fin de l’émission, on découvre qui est le méchant meurtrier, non sans avoir divagué sur plusieurs fausses pistes (elles aussi marquées au fluo par la musique, ô, suspense). Indice: le meurtrier ne fait généralement pas partie des premiers suspects, et même, la plupart du temps, il s’agit de quelqu’un qui s’est trouvé à tuer malgré lui, finalement pas si méchant que ça, oui, c’est plutôt la société qui l’a poussé à bout.

D’une semaine à l’autre, le Tatort provient d’une différente ville allemande. Les connaisseurs sauront tout de suite prédire, selon la location de la production, s’il s’agira d’un bon krimi. Je ne suis pas encore rendue là, mais je prends des notes.

Le générique d’ouverture d’origine seventies-style avec le petit beat kitsch est sans conteste un des meilleurs moments de l’émission. Malheureusement, il nous arrive souvent de le manquer. Et ça fait aussi partie du rituel: les gens qui arrivent en retard, essaient de rattraper le fil du récit, dérangent les autres pour se trouver une place, puis viennent les commentaires sur le style de l’enquêteur, la coiffure de l’autre, une anecdote sur l’architecture de la ville, ou une discussion spontanée sur la thématique de la semaine, ce qui ne manquera pas d’escamoter le degré de concentration des autres co-téléspectateurs présents dans la pièce (il n’y a pas de pauses commerciales dans l’émission). Et puis, bien sûr, nos “tipps” qu’on lancera, comme ça, tout au cours de l’émission: c’est à celui qui déterminera en premier qui est l’auteur du meurtre. Le tout constitue le charme de l’événement. Car il s’agit bel et bien d’un événement: l’émission est même diffusée dans plusieurs pubs, comme les matchs de foot. Mais moi je préfère ma bibliothèque.

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Quand on s’est peinturé dans un coin, il faut marcher sur la peinture.

Jeudi, 22 mai, 2008 · 2 commentaires

Plus le temps passe, et plus les attentes deviendront grandes, je le sais bien. Je vous ai annoncé dès mon arrivée à Berlin, oui d’entrée de jeu, que je préparais le grand coup. Mais vous en conviendrez, même les plus grands génies de ce monde ont nécessité un peu de temps pour mettre en place leurs plans révolutionnaires. Pendant que je fermente le sort de planète et tout ça, oui, pendant ce temps-là, je vous imagine tous en train de vérifier plusieurs fois par jour où j’en suis pour le grand coup annoncé la semaine passée et puis la pression me pèse. Et par la même occasion, je me bloque un peu l’inspiration du bout du blogue, puisque le blogue en général et le mien surtout est un format qui nécessite un peu de spontanéité, tsé, un regard frais sur les petites choses absurdes du quotidien, bref, un tralala léger du billet sans grande conséquence livré comme ça, à la va-comme-je-te-pousse, dans les curieux méandres du World Wide Web.

Ouf. Attentes, pression, blocage du blogueur : je me suis un ti-peu peinturée dans un coin, comme on dit par chez nous. Alors pour combler à cette maladresse, d’abord ce long préambule, puis un petit résumé du bonheur simple de retrouver cette ville que j’aime tant qu’est Berlin: mon vélo rouge m’y attendait, ainsi que des êtres humains que j’aime, puis les graffitis et les racoins tout croches de Berlin aussi, bien sûr l’Alexanderplatz est toujours en construction, les Berlinois sont là qui profitent de la vie en faisait un petit barbecue dans les parcs ébouriffés de verdure et de pollen, c’est le printemps, on aime, et puis c’est bien bon comme ça.

Je vous reviendrai donc plus régulièrement, avec du tout et du rien: la révolution ne sera pas bloguérisée.

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Mi-mai et un sentiment d’y avoir déjà mis les pieds

Jeudi, 15 mai, 2008 · 4 commentaires

Simplement pour vous dire que je suis de retour dedans BERLIN.

Surveillez-moi, ça va être BIG. On dit yé.

Catégories : Allemagne · Berlin