berlin et les autres

Entrée de novembre 2007

L’épopée Lukullus

Mercredi, 28 novembre, 2007 · 2 commentaires

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Ça y est, je vais devoir me trouver une nouvelle excuse pour justifier mon manque d’assiduité en tant que blogueuse ou m’y remettre à fond, parce que la fameuse job qui m’accaparait ces derniers mois, c’est fini, complété et compilé dans nos dossiers pour la gloire et l’éternité.

Nous faisions la vidéo pour un opéra, Die Verurteilung des Lukullus, qui était monté au Komische Oper (komisch veut autant dire bizarre que comique…). Alors un bizarre de p’tit film pour une grosse mise en scène. Genre de projet qui prend ben du temps, mine de rien. Dimanche, c’était la première: si vous regardez bien la photo, je suis sur la scène pour saluer la foule lors de l’ovation. Ça doit bien compter pour un bon cinq minutes de gloire, tout ça.

Un peu de mise en contexte: Lukullus était un général romain ayant conquis une série de villes asiatiques. Parmi ses exploits, il aurait implanté le cerisier d’Asie en Italie. Quelques 80,000 vies humaines ont été enlevées au passage… À son retour à Rome, le conquérant devenu richissime s’est lancé dans une deuxième carrière en tant qu’organisateur de grosses bouffes à la romaine.

Au début de la pièce, le général est déjà mort et on y raconte son jugement dernier. Une série de personnages, morts aussi, rappellent quelques faits croustillants de la vie du type. Finalement, on le condamme au rien (Ins nichts, mit ihm!) parce qu’il est méchant, tsé, d’avoir tué autant de gens, même si on est content de bouffer des bonnes cerises.

Ce “Procès de Lukullus” est une pièce chargée d’histoire. À l’origine, c’était écrit pour la radio par Bertolt Brecht. Paul Dessau a composé la musique. Lorsque le tout a été monté comme opéra pour la première fois en 1951 en Allemagne de l’Est, ça n’a pas passé le stade de la répétition générale. On trouvait la musique de Dessau un peu trop étrange, probablement infuencée par l’Ouest, et les conclusions de Brecht n’étaient pas assez claires. Ils ont changé deux trois trucs, le titre est passé de “l’interrogatoire” au “procès” et hop! le tour était joué, c’est devenu un des textes brechtiens à l’étude dans les bonnes écoles de la RDA, mais l’opéra est resté pratiquement inconnu dans l’Allemagne de l’Ouest. Et l’idée de la metteure en scène, Katja Cellnik, c’était de complètement se distancier de cette histoire Est-Ouest pour plutôt critiquer le monde pop-média dans lequel nous vivons.

Il y avait beaucoup d’attentes vis-à-vis cet opéra et la mise en scène plutôt osée aurait pu ne recevoir que des tomates pourries. Hier, les critiques sont sorties. On s’est empressé d’acheter tous les journaux. Réactions partagées, ce n’est pas tout le monde qui trippe, mais il y a des beaux bravos aussi. C’était amusant de constater que plus les journaux étaient conservateurs, plus ils avaient de réserves sur la mise en scène. Les deux journaux auxquels nous sommes abonnés à la maison, taz et Berliner Zeitung, ont tout compris et ont écrit de très bonnes critiques alors ça adonne bien. Tout le monde est content, tout le monde est heureux.

Catégories : Berlin · Lukullus · opéra · travailler c'est trop dur mais voler c'est pas beau

Jouons

Dimanche, 25 novembre, 2007 · Laisser un commentaire

spieldesjahres.jpgIl y a l’effet hiver. Et peut-être, aussi, le fait que je retourne bientôt à Montréal et ai une petite pensée nostalgique pour ces sessions hivernales du dimanche, entourée d’amis, un verre de rouge, du à manger qui sent bon sur le feu et une game de Settlers sur la table. Toujours est-il que l’envie de jouer à des jeux de société me reprend.

Je ne peux pas dire que je m’y connais beaucoup, dans le domaine. Heureusement, il y a justement des experts qui se consacrent à l’évaluation du bon jeu de l’année, le prix Spiel des Jahres, que ça s’appelle. Supposément que c’est gage de qualité.

Là, il y a quelqu’un dans la maison qui vient de recevoir Thurn & Taxis (apparemment l’Aventure postale en français), le jeu de l’année 2006. Thurn & Taxis, c’est le nom d’une famille princière allemande qui a fait sa fortune en établissant le réseau postal au 16e siècle. Dans le jeu, il faut se créer des routes postales dans les régions du sud de l’Allemagne. Bien fait, mérite certainement son prix, même si je n’y connais rien. Je joue.

Ça a l’avantage d’être pas mal plus simple que Settlers, qui avait aussi remporté le prix Spiel des Jahres en 1995.  Ce jeu,  je ne pourrais probablement pas encore le mener, même si j’y ai goûté moultes fois, et gagné à l’occasion, de surcroît. Mais même si c’est ben compliqué, j’espère retrouver les bonnes gens du fond d’un rang quekpart à Mont-Carmel-de-Kamouraska, et j’ose espérer que ces experts en colonisation un brin urbains auront la chance de me le réexpliquer, c’te jeu, tite-laine, un or, un livre, envouèye le robbeur par-là, qu’ont jouse encore une fois ensemble.

Catégories : et puis le Québec · jeux · quoi encore · spiel des jahres

Dans un jardin de bambou près de chez nous

Samedi, 24 novembre, 2007 · Laisser un commentaire

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Je vous ai raconté comment les allusions à la nudité dans un blogue, ça pogne. J’ai arrêté depuis longtemps d’ajouter à ma liste les multiples et bizarroïdes combinaisons recherchées par les gens, ça devenait répétitif à la longue. Mais comme j’ai pu constater que quelques curieux voulaient en savoir plus sur les saunas et la nudité, j’en profite pour vous raconter quelques lignes à ce sujet.

Tout d’abord, pour régler la question: oui, on est tout nu, dans les saunas ici. Mais vous avez droit à une serviette, vous pouvez faire ce que vous voulez avec.

Pas loin de ma maison, il y a un sauna qui sent vraiment bon, tsé chic et zen genre. Olivin, que ça s’appelle. Je n’aurais probablement jamais osé y mettre les pieds, pensant que toutes ces histoires de “wellness” (mot utilisé par les Allemands) coûtent toujours une fortune. Surtout quand c’est en plein coeur de ce quartier branchouille qu’est Prenzlauer Berg. Mais des amis initiés m’ont fait comprendre que les prix sont bien raisonnables. Pour 8 euros, tu passes deux heures dans ce centre à te balader entre le sauna, la douche fraîche dans le joli jardin de bambou dans la cour et à faire des petits plongeons dans le bain d’eau froide, le tout entrecoupé par des pauses-lecture ou détente bien au sec. À chaque heure, il y a quelqu’un qui vient aromatiser le sauna avec des herbes aromatiques, on te donne des quartiers d’orange et c’est vraiment sensationnel, puisque ça donne des sensations.

Et puis, tu sors de là tout purifié. Bon deal, je vous le jure.

Catégories : Allemagne · Berlin · Prenzlauer Berg · bambou · nu · sauna · wellness

Dansons

Mardi, 13 novembre, 2007 · 5 commentaires

Il y a des chansons qu’on connaît, juste parce qu’elles ont été un hit, et puis on a tendance à les oublier, mais c’est pas trop grave non plus. C’est juste que ça amuse de les retrouver, longtemps après, au milieu de nulle part.

Hier, lors d’une fête, quelqu’un proposait de faire jouer du Trio. Moi, je pensais qu’on parlait du groupe français Tryo puis ça ne m’excitait évidemment pas trop de tomber dans une atmosphère musicale de type Dobacaracol-on-trippe. Mais Trio, c’est pas pareil. C’est du vieux stock allemand, les années 80 dans ce qu’elles ont de plus glorieux.

Là, je réalise que moi aussi je connais très bien leur plus grand tube: Da Da Da. (Ich Liebe Dich Nicht, Du Liebst Mich Nicht. Aha Aha Aha.) 20-25 ans plus tard: flashback.

J’ai profité de ce hit pour apprendre aux Allemands ce grand classique de la danse en ligne qu’est le continental et leur montrer la bande-annonce de ce film que j’ai donc hâte de voir en arrivant à Montréal, Continental, un film sans fusil de Stéphane Lafleur.

Aha.

Catégories : Trio · années 80 · continental · hits · musique

Tes nuits sont plus folles que les miennes

Dimanche, 11 novembre, 2007 · Laisser un commentaire

Un gros “BIENVENUE!” cordial s’adressant tout particulièrement à vous tous qui tomberez sur mon blogue par hasard, genre parce que vous vous trouvez à avoir cherché “vie nocturne complètement débridée à Berlin” en vue de votre prochain séjour en ville. J’aime autant vous accueillir chaleureusement tout de suite en partant, puisque comme telle, cette entrée vous apparaîtra un peu décevante au niveau du carnet d’adresses que vous tentez de monter. Les nuits se font froides en ce novembre de grisaille et la nouvelle vieille trentenaire que je suis est presque devenue paresseuse. Je me suis donc permis un weekend de vie nocturne pas complètement délirante, bien au chaud. Mais lisez toujours, mes écrits sont en soi distrayants.

Heureusement, quand on n’a pas trop envie de sortir, ya toujours possibilité de se divertir via la technologie, les dvds, etc. Ce que j’ai fait. Je vous raconte tout ça, même si c’est anodin, parce qu’un des films que je me suis trouvée à voir met en vedette cette ville-vedette qu’est Berlin, et le film est pas mal en plus, alors même si vous n’obtiendrez pas les adresses des clubs les plus hots en ville, vous gagnerez au moins un titre à votre filmographie de films berlinois.

Nachtgestalten (1998), que ça s’appelle en allemand, Night Shapes en anglais et puis malheureusement, je ne sais pas s’il y a une version française. Réalisé par Andreas Dresen, un type que je ne connaissais pas, mais qui semble avoir gagné pas mal de prix avec ses films.

Trois paires de “figures de nuit” vivent une série de péripéties, le temps d’une nuit, justement celle où le Pape s’adonne à être à Berlin, où tous les miracles et les bouchons de circulation sont possibles, et où les bonnes-soeurs meublent le U-Bahn à la pelletée. Un couple d’itinérants tentent de se payer la traite en se louant une chambre d’hôtel mais c’pas facile; un agriculteur naïf cherche l’amour en compagnie d’une toute jeune prostituée junkie; un petit garçon angolais -un rôle pratiquement muet, l’acteur est excellent- fraîchement débarqué et laissé à lui-même dans l’aéroport se fait prendre en charge par un homme d’affaires au soupire récurrent. Ça joue entre le comique et le morbide, mais ça reste un film léger, un mélange d’atmosphères qui rappelle à la fois les chassés-croisés de Robert Altman et le ton ayant un “on-ne-sait-quoi-allemand” à la Wim Wenders. Et les images, vraiment belles.

Pour voir Berlin de nuit quand vous avez pas envie de sortir.

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(Photo prise du film Nachtgestalten: au petit matin tout brûle…)

Catégories : Allemagne · Berlin · film · vie nocturne

Macadam Tribus

Samedi, 10 novembre, 2007 · Un commentaire

À ne pas manquer! Ce samedi 10 novembre vers 22h30 (heure de Montréal), correspondance radiophonique sur Les artisans itinérants allemands  (die fahrende Gesellen) pour l’émission Macadam Tribus sur les ondes de Radio-Canada.
Lien permanent à venir.

Catégories : Macadam Tribus

Les lundis gratuits

Lundi, 5 novembre, 2007 · 2 commentaires

guggenheim.jpgJe vous ai déjà mentionné que les musées d’État sont gratuits le jeudi après-midi (oui, je sais, j’ai encore quelques stations à faire dans ma tournée des musées…); autre facteur important à noter si vous prévoyez venir faire un tour-express à Berlin pour vous taper plein de musées: la plupart sont fermés le lundi.

Avec quelques exceptions, bien sûr, dont le Guggenheim. Ce petit musée-galerie mise d’ailleurs sur ce concept pour promouvoir ses “lundis gratuits”. Pour tout le mois de novembre, le lundi, c’est I like Mondays au Guggenheim. On y expose en ce moment des photos de Jeff Wall, un photographe de Vancouver dont la démarche m’apparaît intéressante, photos de style documentaire un peu trash, des grands formats installés sur des panneaux lumineux, mais je dois avouer que vu le petit nombre d’oeuvres, dont quelques-unes pas trop convaincantes, j’aurais probablement été déçue si j’avais payé.

Mais je passais par là, et vous savez comme j’adore profiter du gratuit, alors hein.

Et! En plus, bonus, pour leur promotion du lundi, le musée servait dans l’atrium aux lignes top-design du café-filtre et des beignes de type Dunkin Donut, avec un petit macaron en chocolat avec le logo “I love Mondays” dessus. Tout ça, gratuit aussi. Surréaliste et sucré comme on aime.

Catégories : Berlin · Guggenheim · dunkin · musées

Helloween

Lundi, 5 novembre, 2007 · Laisser un commentaire

Oui, berlin et les autres se sent un peu négligé par son auteure. M’excuse, Blogue. Je te promets de remédier à la situation, immédiatement.

Avec un peu de retard, donc, je peux vous dire que l’Halloween n’est pas tellement populaire à Berlin. L’avantage, c’est que les vitrines des magasins ne sont pas systématiquement remplis de toiles d’araignées. Désavantage pour les enfants, parce que l’atmosphère dans les rues le 31 octobre, c’est rien de bien palpitant. Mercredi dernier, j’ai vu en tout un p’tit squelette et p’tite sorcière avec un mini-sac en plastique, genre format CD, à peine à moitié rempli. S’il y a un quartier où l’on voit normalement des tonnes d’enfants, c’est bien à Prenzlauer Berg.

Et les adultes non plus, fêtent pas tant la chose, moi qui adoooooooooorrre. J’ai réussi à renverser la tendance, parté maison qui a permis à tout le monde d’exhiber son côté superstar, thème de notre soirée. Karaoke et supertubes de danse au menu, et même une piste de course ferrari. Plus glamour que ça, tu t’fais pas d’fun.

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Catégories : Berlin · Halloween · Prenzlauer Berg