
Ça y est, je vais devoir me trouver une nouvelle excuse pour justifier mon manque d’assiduité en tant que blogueuse ou m’y remettre à fond, parce que la fameuse job qui m’accaparait ces derniers mois, c’est fini, complété et compilé dans nos dossiers pour la gloire et l’éternité.
Nous faisions la vidéo pour un opéra, Die Verurteilung des Lukullus, qui était monté au Komische Oper (komisch veut autant dire bizarre que comique…). Alors un bizarre de p’tit film pour une grosse mise en scène. Genre de projet qui prend ben du temps, mine de rien. Dimanche, c’était la première: si vous regardez bien la photo, je suis sur la scène pour saluer la foule lors de l’ovation. Ça doit bien compter pour un bon cinq minutes de gloire, tout ça.
Un peu de mise en contexte: Lukullus était un général romain ayant conquis une série de villes asiatiques. Parmi ses exploits, il aurait implanté le cerisier d’Asie en Italie. Quelques 80,000 vies humaines ont été enlevées au passage… À son retour à Rome, le conquérant devenu richissime s’est lancé dans une deuxième carrière en tant qu’organisateur de grosses bouffes à la romaine.
Au début de la pièce, le général est déjà mort et on y raconte son jugement dernier. Une série de personnages, morts aussi, rappellent quelques faits croustillants de la vie du type. Finalement, on le condamme au rien (Ins nichts, mit ihm!) parce qu’il est méchant, tsé, d’avoir tué autant de gens, même si on est content de bouffer des bonnes cerises.
Ce “Procès de Lukullus” est une pièce chargée d’histoire. À l’origine, c’était écrit pour la radio par Bertolt Brecht. Paul Dessau a composé la musique. Lorsque le tout a été monté comme opéra pour la première fois en 1951 en Allemagne de l’Est, ça n’a pas passé le stade de la répétition générale. On trouvait la musique de Dessau un peu trop étrange, probablement infuencée par l’Ouest, et les conclusions de Brecht n’étaient pas assez claires. Ils ont changé deux trois trucs, le titre est passé de “l’interrogatoire” au “procès” et hop! le tour était joué, c’est devenu un des textes brechtiens à l’étude dans les bonnes écoles de la RDA, mais l’opéra est resté pratiquement inconnu dans l’Allemagne de l’Ouest. Et l’idée de la metteure en scène, Katja Cellnik, c’était de complètement se distancier de cette histoire Est-Ouest pour plutôt critiquer le monde pop-média dans lequel nous vivons.
Il y avait beaucoup d’attentes vis-à-vis cet opéra et la mise en scène plutôt osée aurait pu ne recevoir que des tomates pourries. Hier, les critiques sont sorties. On s’est empressé d’acheter tous les journaux. Réactions partagées, ce n’est pas tout le monde qui trippe, mais il y a des beaux bravos aussi. C’était amusant de constater que plus les journaux étaient conservateurs, plus ils avaient de réserves sur la mise en scène. Les deux journaux auxquels nous sommes abonnés à la maison, taz et Berliner Zeitung, ont tout compris et ont écrit de très bonnes critiques alors ça adonne bien. Tout le monde est content, tout le monde est heureux.
Il y a l’effet hiver. Et peut-être, aussi, le fait que je retourne bientôt à Montréal et ai une petite pensée nostalgique pour ces sessions hivernales du dimanche, entourée d’amis, un verre de rouge, du à manger qui sent bon sur le feu et une game de 

Je vous ai déjà mentionné que les musées d’État sont gratuits le jeudi après-midi (oui, je sais, j’ai encore quelques stations à faire dans ma 

