
Fermer les yeux, genre deux secondes, puis se relever la tête pour réaliser que les feuilles ont changé de couleur (fluo chic), que les gens ont sorti leur petites et grosses laines, qu’il y a de la buée dans les fenêtres le matin, que le soleil se couche de bonne heure. Tiens c’est vraiment l’automne, qu’on se dit tout surpris, hé que le temps passe donc vite, qu’on se répète, parce qu’il y a du vrai dans ces clichés, hé que le temps passe donc vite.
Hésiter entre rester cachée sous les couvertures pour les prochains six mois ou s’emmitoufler pour vrai et rouler l’automne, se prendre pour la Reine du gang des BMX, ouais, que je suis donc fière de mon beau vélo tout rouge.
Sentir le frais, les feuilles mortes et l’odeur du chauffage au charbon qui caractérise l’air de Berlin, en octobre. Et se dire yé.
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Les beaux jours d’automne, on en profite, tout en pensant déjà au froid qui s’en vient. Berlin se fait fraîche ces temps-ci et pratiquement tout le monde roule sous le fardeau d’un rhume, changements de température (im)prévisibles obligent.
Pour ceux qui commencent déjà à prévoir leurs vacances dans le Sud dès le premier frisson, je vous présente tout brièvement un voisin expatrié fort apprécié dans notre cour: Monsieur le Bananier. Un vrai, un gros.
Berlin, en plein hiver, c’est pas comme le Québec, mais quand même, ça neige un peu des fois, c’est humide et désagréable et puis normalement les bananiers aiment pas ça. Le nôtre arrive à s’en remettre, survit, grossit. On l’emballe un petit peu, on lui allume une ampoule pour lui faire à croire qu’il est dans son pays et le tour est joué.
Parlant d’escapades – je vous quitte pour une trempette à la sauvette en Roumanie, après le boulot, encore des occupations sous prétexte de voyage, alors ça roulera. Je ne sais donc pas jusqu’à quel point j’arriverai à vous en transmettre des nouvelles en direct, mais j’y reviendrai, c’est promis.
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Ils font des bébittes avec des bouts de vieux matelas-éponge et deux-trois coutures: elles sont laides, et c’est pourquoi on les trouve si belles, leurs marionnettes.
Oui, un samedi soir à Berlin, je suis allée voir trois hommes en sueur s’activant derrière des poupées au Ballhaus Ost. Dans la pièce, l’un d’eux demande: “tu trouves pas ça démasculinisant, de voir un homme qui s’amuse avec des marionnettes?” (traduction libre) – et moi je réponds: oh que non, pas dans ce contexte-là. Séduite, que j’étais.
Ils se sont quand même organisés pour que le tout soit rempli de testostérone, en choisissant d’adapter ce film de Luc Besson, Léon, le professionnel. Une histoire de tueur à gages à NY, de deals de drogue où les cadavres s’empilent. Malgré vos préconceptions sur le format marionnette, s’agissait pas d’un truc pour enfants.
Ces deux lignes d’intrigue donnent l’impression que ça devait être ben gore, mais non non. On a surtout ri, parce que c’était si bien fait, tsé inventif et bien écrit.
La troupe en question, das Helmi, fait aussi du théâtre pour enfants et se ballade un peu partout dans Berlin. Valent la peine d’être vus, si vous entendez parler d’eux et que vous êtes dans les parages.
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