(…. ou peut-être que oui.)
Les papiers s’accumulent sur mon bureau et les idées s’empilent dans ma tête, voilà-tu pas que je prends du retard dans les petites choses de la vie à Berlin que j’aimerais vous raconter. Mais bon: une p’tite vite pour vous sustenter, puisque je sais à quel point une journée sans nouvelle entrée dans “berlin et les autres” est une journée un ti-peu triste.

Berlin est une ville un peu comme moi, remplie de projets, ouais, ça bouillonne dans sa tête, mais il y a beaucoup de choses qui reste en plan aussi. Comme je le mentionnais dans ma super chronique à Macadam Tribus - aha, l’art de s’auto-promouvoir - dans les années 80, l’État a un peu perdu le contrôle de ses édifices, n’ayant pas assez d’argent pour les rénover.
Aujourd’hui encore, il y a donc des grands immeubles à l’architecture fascinante qui n’attendent qu’à avoir du cash investi dedans pour redevenir officiellement “utilisables”. Vous qui lisez mon blogue depuis quelques mois, vous réalisez évidemment à quel point Berlin est une ville remplie de potentiel, et vous vous adonnez peut-être à avoir quelques millions d’euros (ou de dollars canadiens, mais ça se convertit assez bien) dans votre compte de banque, et votre “motton” n’attend qu’un cue du siècle avant d’être investi. Vous vous dites alors, tout excités : “sont où, sont où!, ces immeubles gigantesques, vides, en plein centre-ville, que j’en fasse un hôtel de luxe?”
Et bien, dites-vous que vous n’êtes pas les seuls. Il y en a des investisseurs, qui n’attendent qu’à tout rénover, bien sûr. Ils seraient déjà en train de sous-payer les femmes de ménage de leur super-complexe-hôtellier tout en prenant un sauna dans leur “wellness center”, s’il n’en tenait qu’à eux. Mais ils sont pris avec tous ces règlements de protection du patrimoine culturel – le “denkmalschutz” allemand, puissant – et ces @%$?! de citoyens engagés dans c’te genre de lutte contre le nouveau et la gentrification. Détails embêtants qui les empêchent d’aller aussi vite que prévu.
La semaine passée, j’ai des amis qui tournaient un film dans l’ancien Telegrafenamt sur la rue Tucholsky à Mitte. Immense, sans fin et pratiquement vide. Le vélo était pratique pour traverser d’un endroit à l’autre.
Il y a quelques semaines aussi, on est allés voir une expo de finissants en arts visuels. Le tout se passait dans l’Umspannwerk sur la Kopenhagenerstrasse. On aurait pu ne pas voir l’expo et on aurait été heureux pareil, parce qu’on s’est faufilé dans l’immeuble, vide aussi, pour voir les vieilles machines qui servaient à distribuer l’électricité dans le temps.
Et ce weekend, c’était la dernière expo dans l’ancien bain public Stadtbad Oderbergerstrasse, dont la vocation première a été abandonnée en 1986. Depuis, l’espace était utilisé pour toutes sortes d’événements culturels, en attendant que les disputes de propriétaires soient réglées et que les manières de protéger le patrimoins soient établies. Là, ça y est, c’est fini, vous ne pourrez jamais voir cet espace. Ça devrait se transformer en hôtel, me dit-on. Mais sait-on jamais, ça fait des années qu’on en parle aussi. Je vous tiendrai au courant, si vous êtes de passage en ville.