berlin et les autres

Le futur était dans le passé

Mardi, 28 août, 2007 · 5 commentaires

Et le présent n’est pas si glorieux pour tout le monde.

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Tentant de combiner mon intérêt pour l’histoire de l’underground berlinois et une banale envie de me divertir un lundi soir, je suis allée voir ce film Ostpunk! too much future, documentaire qui a pour sujet, vous le devinerez, la scène punk de l’Allemagne de l’Est dans les années 80.

J’ai eu droit, oui, à quelques bribes d’impressions fort intéressantes de la vie punk en RDA, malheureusement parsemées à travers une leçon de cinéma. Leçon, dans le sens: voici ce qu’il vaut mieux ne pas faire.

Le film assemble une série d’entrevues platement filmées de six anciens musiciens de différents bands punks de Berlin-Est, Leipzig et Dresden et on dirait que le réalisateur a tenté d’étirer la sauce de ses sujets en montrant ce qu’ils sont devenus aujourd’hui: l’un travaille dans un centre sportif parce qu’il veut pas devenir un vieux bedonnant, l’autre est portier dans un bar dans lequel il a joué à l’époque et est fier de sa Harley Davidson. On fait aussi la rencontre d’une artiste visiblement prospère et d’une autre ex-punkette qui l’a pas eu aussi facile et qui tente de se recentrer un ti-peu en faisant du tai-chi dans son arrière-cour de Prenzlauer Berg. Des histoires en soi qui pourraient être intéressantes, mais comme on s’éparpille entre leur vie actuelle et comment c’était d’être punk dans un système qui te l’interdisait, on se trouve à perdre de vue le sujet. L’un d’eux est toujours chanteur dans un genre de groupe clone de Slayer: le montrer en studio en train de faire des erreurs, c’est plus gênant que drôle. Le réalisateur s’est surtout assuré de garder toutes les prises où un téléphone cellulaire des interviewés sonne pour montrer une bribe de leur conversation personnelle – on dit: pas nécessaire.

D’ailleurs, la première ligne du film résume le tout: l’artiste prospère que je vous mentionnais plus tôt, Cornelia Schleime (peintre intéressante) dit: “c’est ça le problème de vouloir essayer de faire un film sur un mouvement qui n’existe plus, ça manque justement de mouvement” (ou quelque chose du genre…). Comme si, d’entrée de jeu, le réalisateur voulait nous dire: “s’excusez, j’ai essayé mais c’est pas ben bon ce qui s’en vient”. Il a manqué de jus: les images d’archives, il y en a quelques-unes, mais pas tant que ça puisqu’à l’époque c’était dangereux de filmer de tels concerts illégaux.

Mais quand même, comme je le mentionnais, il y avait ces bribes qui sont intéressantes à s’imaginer, même sans visuel: comment ils se sont pratiquement tous retrouvés en prison, le fait que c’est souvent dans les églises que les concerts ont pu avoir lieu, le sentiment de se rebeller pour une cause (par opposition au No Future du mouvement punk en Angleterre) et la disparition subite de cette cause dans leur vie…

Ostpunk. Sous ce même titre, il y a eu toute une série d’expositions, de livres, d’autres films, des compilations sur CD – il semblerait que ce filon ostalgique ait été bien exploité…

Autre site web intéressant sur le sujet que je me promets de fouiller davantage: jugend opposition in der DDR (en allemand, mais avec beaucoup de photos), qui couvre de façon un peu plus large toutes les formes d’opposition et de rébellion en RDA.

Catégories : Allemagne · DDR · RDA · film · ostpunk · punk

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