
Lorsque je vous ai fait le tour guidé de ma rue, j’ai omis un élément pourtant ô combien récurrent dans le voisinage: le container. Ils sont partout. La grosse mode. Visiblement, tout le monde construit, rénove, modernise.
Prenzlauer Berg est devenu un quartier fort prisé par la gente huppée berlinoise: les ti-wizz-kids avec du cash tout comme les femmes enceintes branchées désirent fonder un foyer dans ce secteur où l’urbain côtoie le légume bio. Les propriétaires ont tôt fait de catcher la patente: rénover pour mieux vendre à gros prix. Nous en sommes de malheureuses victimes. Depuis des mois, à 8 heures du matin, chaque matin de la semaine, l’immeuble voisin démarre son chantier. Je ne sais pas pourquoi, mais semblerait que toutes les opérations les plus bruyantes doivent être effectuées tôt le matin, alors la paix, t’oublie ça.
Même les espaces vacants sont affublés de leur affiche: “achetez votre appartement maintenant, tu-suite!” – sentiment d’urgence paraissant quelque peu suspect du fait que les fondations ne sont même pas encore posées. Mais bon, prenez pas de chances, c’est maintenant ou jamais.
Bref, le quartier change. Nous non plus, on n’y échappe pas, même dans notre belle vieille maison old-school. Des vieux bâtiments dans l’arrière-cour risquent de s’écrouler, faut débâtir. Alors nous nous sommes donc munis de cet élément ultra-tendance qu’est le container. Trop hot. On l’a pour dix jours, ensuite on retrouvera notre anonymat un peu loser.
Si vous doutez de la hipness du container, je vous fournis la preuve indéniable de son statut privilégié dans ce coin du monde: alors que je faisais ma tournée pour en photographier quelques-uns, j’ai surpris des artistes en train d’installer leur exposition dans c’te genre de p’tite boîte.
Faque: hein.













