berlin et les autres

Entrée de août 2007

Nous aussi, on en a un!

Vendredi, 31 août, 2007 · Laisser un commentaire

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Lorsque je vous ai fait le tour guidé de ma rue, j’ai omis un élément pourtant ô combien récurrent dans le voisinage: le container. Ils sont partout. La grosse mode. Visiblement, tout le monde construit, rénove, modernise.

Prenzlauer Berg est devenu un quartier fort prisé par la gente huppée berlinoise: les ti-wizz-kids avec du cash tout comme les femmes enceintes branchées désirent fonder un foyer dans ce secteur où l’urbain côtoie le légume bio. Les propriétaires ont tôt fait de catcher la patente: rénover pour mieux vendre à gros prix. Nous en sommes de malheureuses victimes. Depuis des mois, à 8 heures du matin, chaque matin de la semaine, l’immeuble voisin démarre son chantier. Je ne sais pas pourquoi, mais semblerait que toutes les opérations les plus bruyantes doivent être effectuées tôt le matin, alors la paix, t’oublie ça.

Même les espaces vacants sont affublés de leur affiche: “achetez votre appartement maintenant, tu-suite!” – sentiment d’urgence paraissant quelque peu suspect du fait que les fondations ne sont même pas encore posées. Mais bon, prenez pas de chances, c’est maintenant ou jamais.

Bref, le quartier change. Nous non plus, on n’y échappe pas, même dans notre belle vieille maison old-school. Des vieux bâtiments dans l’arrière-cour risquent de s’écrouler, faut débâtir. Alors nous nous sommes donc munis de cet élément ultra-tendance qu’est le container. Trop hot. On l’a pour dix jours, ensuite on retrouvera notre anonymat un peu loser.

Si vous doutez de la hipness du container, je vous fournis la preuve indéniable de son statut privilégié dans ce coin du monde: alors que je faisais ma tournée pour en photographier quelques-uns, j’ai surpris des artistes en train d’installer leur exposition dans c’te genre de p’tite boîte.

Faque: hein.

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Le futur était dans le passé

Mardi, 28 août, 2007 · 5 commentaires

Et le présent n’est pas si glorieux pour tout le monde.

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Tentant de combiner mon intérêt pour l’histoire de l’underground berlinois et une banale envie de me divertir un lundi soir, je suis allée voir ce film Ostpunk! too much future, documentaire qui a pour sujet, vous le devinerez, la scène punk de l’Allemagne de l’Est dans les années 80.

J’ai eu droit, oui, à quelques bribes d’impressions fort intéressantes de la vie punk en RDA, malheureusement parsemées à travers une leçon de cinéma. Leçon, dans le sens: voici ce qu’il vaut mieux ne pas faire.

Le film assemble une série d’entrevues platement filmées de six anciens musiciens de différents bands punks de Berlin-Est, Leipzig et Dresden et on dirait que le réalisateur a tenté d’étirer la sauce de ses sujets en montrant ce qu’ils sont devenus aujourd’hui: l’un travaille dans un centre sportif parce qu’il veut pas devenir un vieux bedonnant, l’autre est portier dans un bar dans lequel il a joué à l’époque et est fier de sa Harley Davidson. On fait aussi la rencontre d’une artiste visiblement prospère et d’une autre ex-punkette qui l’a pas eu aussi facile et qui tente de se recentrer un ti-peu en faisant du tai-chi dans son arrière-cour de Prenzlauer Berg. Des histoires en soi qui pourraient être intéressantes, mais comme on s’éparpille entre leur vie actuelle et comment c’était d’être punk dans un système qui te l’interdisait, on se trouve à perdre de vue le sujet. L’un d’eux est toujours chanteur dans un genre de groupe clone de Slayer: le montrer en studio en train de faire des erreurs, c’est plus gênant que drôle. Le réalisateur s’est surtout assuré de garder toutes les prises où un téléphone cellulaire des interviewés sonne pour montrer une bribe de leur conversation personnelle – on dit: pas nécessaire.

D’ailleurs, la première ligne du film résume le tout: l’artiste prospère que je vous mentionnais plus tôt, Cornelia Schleime (peintre intéressante) dit: “c’est ça le problème de vouloir essayer de faire un film sur un mouvement qui n’existe plus, ça manque justement de mouvement” (ou quelque chose du genre…). Comme si, d’entrée de jeu, le réalisateur voulait nous dire: “s’excusez, j’ai essayé mais c’est pas ben bon ce qui s’en vient”. Il a manqué de jus: les images d’archives, il y en a quelques-unes, mais pas tant que ça puisqu’à l’époque c’était dangereux de filmer de tels concerts illégaux.

Mais quand même, comme je le mentionnais, il y avait ces bribes qui sont intéressantes à s’imaginer, même sans visuel: comment ils se sont pratiquement tous retrouvés en prison, le fait que c’est souvent dans les églises que les concerts ont pu avoir lieu, le sentiment de se rebeller pour une cause (par opposition au No Future du mouvement punk en Angleterre) et la disparition subite de cette cause dans leur vie…

Ostpunk. Sous ce même titre, il y a eu toute une série d’expositions, de livres, d’autres films, des compilations sur CD – il semblerait que ce filon ostalgique ait été bien exploité…

Autre site web intéressant sur le sujet que je me promets de fouiller davantage: jugend opposition in der DDR (en allemand, mais avec beaucoup de photos), qui couvre de façon un peu plus large toutes les formes d’opposition et de rébellion en RDA.

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Dinosaurs, Meteorites and Robots, oh my!

Lundi, 27 août, 2007 · 3 commentaires

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Hier soir, c’était la Lange Nacht der Museen (longue nuit des musées) à Berlin, 10e anniversaire de l’événement en question. Apparemment c’est à Berlin que ça a commencé c’t'idée de faire des nuits blanches où tous les musées sont ouverts de nuit.

J’ai toujours eu un sentiment un peu partagé sur ce genre de soirée: on trouve cool le concept de faire sortir le monde dans les musées un samedi soir, mais on se demande si c’est vraiment la meilleure manière de les découvrir, ces musées (ie. dans le chaos, les gens accourant par milliers avec l’intention de vivre une expérience de type buffet chinois, comme si c’était un all-you-can-eat culturel). Bref, on a réussi à contourner ce léger problème d’éthique en choisissant exactement le bon genre de musées pour ce type de soirée: des trucs drôles, où ça dérange pas trop de les parcourir à la course nous aussi, du léger quoi.

On s’est rendu au Museum für Natürkunde (le musée des sciences naturelles) parce qu’on a un ami qui fait son doctorat en météorites (oui, il est un peu étrange aussi). Il faisait des tours guidés toute la soirée, mais on est arrivés trop tard pour vivre cette exclusivité. Alors on s’est baladé sous les dinosaures, les planètes et des animaux étranges empaillés et éteints depuis plus de 300 ans.

Après il y avait une expo spéciale sur les robots au Museum für Kommunikation (je vous laisse deviner ce que ça veut dire en français) où on a vu tous les meilleurs robots au monde, ceux les plus avancés, genre, au Japon, comme le petit cycliste Murata Boy et des vieux cools aussi, et d’autres ben kitsch, comme les bon vieux Robots-Music (ils jouent des instruments authentiques). On s’est même fait brasser par un espèce de bras robotique qui servait ce soir-là de manège. Vive la culture.

Pour poursuivre sur le même thème, on s’est rendus au party de fermeture, où il y avait une femme qui avait monté une tente où on pouvait faire de la “karaoke-dance”. Elle semblait dire que c’était un concept d’art, mais ça ressemblait étrangement à un jeu vidéo de hip hop ben ordinaire. Pas grave, je me suis shaké le bodé parce qu’on me dit que où il y a de la gêne, apparemment, ya pas de plaisir. Faque hein.

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New Orleans dans mon salon

Samedi, 25 août, 2007 · Laisser un commentaire

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Hier soir, j’avais l’intention assez fondée d’aller voir un show de King Khan and the Shrines – je vous le mentionnais déjà il y a quelques semaines.

Mais évidemment, les plans établis trop longtemps d’avance ont toujours tendance à être interceptés par une contre-proposition de dernière minute. Hier soir, c’était donc aussi l’anniversaire d’un ami espagnol vivant à Berlin depuis quelques mois. Il prévoyait faire une petite fête dans notre maison. Je me trouvais à être dans le noyau dur de gens susceptibles d’y aller, question d’animer de dynamisme cette rencontre de type «bières et pretzels». Je me culpabilisais un peu de ne pas y aller. C’est mon petit côté missionnaire : fêter le monde comme du monde. Bref : déchirement, que faire.

Entre temps, la proposition de fête pour l’Espagnol s’est bonifiée : les Loose Marbles, un band de la Nouvelle-Orléans, amis d’ami, était en ville et les musiciens avaient bien envie de jouer comme ça, n’importe où, quelque part. Ils ont donc envahi le petit hall de notre petit cinéma et ce fut la foire à rabais – je n’ai pas eu besoin de regretter une seconde de ne pas être allée voir mon concert qui coûtait cher.

Tuba, accordéon et autres planches à laver qui font des sons, 7-8 musiciens, bons mais vraiment bons, pas juste du « Oh When The Saints » qu’on a entendu mille fois, des airs perdus de gitans qui grimacent. La chanteuse: genre de personne qui chante et soudainement toute la pièce est envahie par quelque chose de vraiment fort. C’est drôle, elle m’a fait penser un peu à Isabelle Blais, mais en version pirate. Des tatous partout, même dans la face. L’imagerie vaudou et mardi gras plein les bras: des squelettes en autocar, des anges-démons intitulés “Family” et une tasse de café. C’était la première fois que je voyais quelqu’un s’étant fait tatouer une tasse de café. On se dit: ben pourquoi pas.

Les portes ouvertes, la petite fête pour notre ami espagnol s’est transformée en fiesta de quartier. Même la Madame aux bouteilles y était.

Oh! oui! Quelle belle occasion de vous écrire quelques lignes sur la Madame aux bouteilles! Les cheveux étrangement crêpés en forme de nid d’oiseau, le pantalon de jogging remonté jusqu’aux seins, cette dame fait carrière dans le ramassage de bouteilles vides sur la Kastanienallee et semble s’auto-divertir en marmonnant des choses étranges, et plus souvent qu’autrement ce qu’elle marmonne, elle le crie.

Il y a de ces personnages récurrents dans un quartier, habituellement un peu timbrés, qui vont qui viennent et qui passent, auxquels on s’attache je dirais même, sans qu’on s’attende à les voir soudainement arriver tout souriant dans notre party. Elle était là, hier, comme transformée par la musique. Elle swinguait à fond la caisse, et souriait souriait. Déformation professionnelle oblige, elle à ramassé les bouteilles vides tout au cours de la soirée. Elle aurait pu simplement se les réserver pour elle-même, non, elle nous les rapportait au bar, pour aider.

C’est beau, l’effet de la musique.

(p.s. On dit aux voisins qui n’aiment pas: allez donc vivre à Charlottenburg.)

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Du bon manger pour pas cher

Mercredi, 22 août, 2007 · Laisser un commentaire

Ha! Encore une petite virée en campagne, et hop! mes bonnes intentions de vous écrire quotidiennement sur le tout et le rien s’envolent en l’air. Mais m’revoilà.

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J’en profite ce matin pour vous proposer une entrée toute courte dans la catégorie “suivi”… Lors de mon tour guidé de la Kastanienallee, je mentionnais tout brièvement l’existence de “Voküs” à chaque mardi soir dans le sous-sol du café Morgenrot, sans fournir davantage d’explications.

Et pourtant, il s’agit d’un concept fort cool qui teinte la scène alternative berlinoise, méritant donc que j’y revienne. Vokü, pour Volksküche, la cuisine du peuple, ou Volxküche comme ils aiment l’écrire maintenant parce que ça faisait un peu trop nationaliste comme appellation. Bon, bref: Vokü.

Le concept: des gens cuisinent en immense quantité (habituellement végé) et invitent tout le monde et n’importe qui à venir en manger, en échange de donations, un minimum, ou on donne un peu, autant qu’on peut, comme on veut. À la différence des soupes populaires habituelles où des organismes subventionnés font de la bouffe pour les pauvres, il s’agit plutôt d’un réseau bien organisé de gens sans cash qui ont eux-mêmes décidé de se nourrir collectivement. Bien bon. À chaque soir, il y a au moins 4 ou 5 endroits à Berlin où il est possible de manger un repas complet en soi pour une couple d’euros, habituellement dans des projets de maison ou des squats. Le “StressFaktor” fournit la liste de Voküs offerts à chaque soir, mais je vous conseille par contre un peu de flexibilité en suivant ce guide, ces maisons sans statut défini peuvent disparaître sans crier garde, et les belles initiaves collectives existent justement tant et aussi longtemps qu’il a du monde pour les initier.

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Je fonctionne, emportez-moi

Mercredi, 15 août, 2007 · 3 commentaires

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Berlin est une ville d’objets trouvés, c’est fou. Je sais que ça a probablement à voir avec le fait que je possède moins d’objets que chez moi, mais ici, j’ai pu constater à quel le hasard met à ma disposition tous les objets dont j’ai besoin au moment où j’en ai besoin. Il y a deux ans, j’ai pu le constater à maintes reprises. Des bébelles, du linge, des meubles, le tout très potable. Un jour, je pensais avoir perdu un petit manteau noir, c’est alors que j’ai trouvé dans la rue un autre petit jacket noir dans le même style. Au moment où je me disais que je devrais m’acheter une valise pour rapporter les vingt-cinq livres que j’avais achetés au cours des derniers mois, une série de valises se sont mises à apparaître sur mon chemin, je n’ai eu qu’à choisir la plus neuve.

Dimanche passé, je trouvé une patch décorative pour mes jeans au Flohmarkt – voir photo: trop cuuuuute! Pour la poser, j’ai besoin d’un fer et d’une planche à repasser. Bon, il y a sûrement quelqu’un dans la maison qui possède de tels objets ménagers, mais avant même que j’aie eu le temps de consulter la populace, vlà tu pas que je croise un fer et une planche à repasser dans la rue qui me disent: nous fonctionnons! emporte-nous! Ha.

Ce que j’ai fait. Maintenant, faut voir combien de temps ça va me prendre pour poser la patch en question…

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Série: Le beau bolide. Première partie: hommage au quotidien.

Lundi, 13 août, 2007 · Laisser un commentaire

Je sais que vous aimeriez que j’écrive plus souvent. Moi-même, je me dis: écris donc plus souvent.

Le problème, quand tu t’installes dans une ville pour un bon moment, c’est que t’as beau être à l’étranger, il y a aussi du quotidien qui s’installe. Le quotidien, c’est ben le fun, mais on ne sait pas si c’est toujours si intéressant que ça à exhiber sur Internet: “hier, j’ai bien mangé, avant-hier, j’ai moins bien dormi, j’ai fait un peu de ménage ce matin et je me sens en pleine forme…” Euh. Bof.

N’empêche, dans le quotidien il reste toujours des petites choses qui évoluent un tout petit peu d’un jour à l’autre, et du monde le fun qui s’organisent pour agrémenter ce quotidien. Et comme c’est ça, aussi, ma vie berlinoise, je me permets de vous en dévoiler des petits bouts.

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Hier, un de mes multiples colocs nous proposait une soirée de “sablage-rôtissoire”. J’ai eu des flashbacks de nos fameux méchouis estivaux, où nous invitions des gens à venir corder le bois de chauffage en échange d’une grosse bestiole ayant passé la journée à rotationner au-dessus du feu. Party utile.

Alors, le sablage, c’est parce que le coloc en question s’est acheté une structure métallique ayant la forme d’une auto à trois roues. Toute rouillée. Il aurait pu passer l’été au complet à gratter ça, mais il a opté pour la méthode festive, nous invitant donc à venir donner un petit coup en échange de vin et de yande rôtie. (Ou de seitan: l’option végétarienne était emballée exactement dans le même format que le cochon mort, pour ne pas brimer personne.)

La structure du bolide en question, il l’a trouvée à Varsovie, l’a fait venir à Berlin et ça traîne dans une de nos arrières-cours depuis un petit bout de temps. Mais là, il a l’intention de faire fonctionner le véhicule avant la fin du mois, allons voir. Alors en hommage au quotidien et aux petites choses qui avancent lentement, je vous ferai suivre en ces lignes l’évolution de la chose, de l’action collective de dérouillage jusqu’au moment où le coloc arrivera à exhiber son bolide sur la Kastanienallee, dans Prenzlauer Berg, dans tout Berlin, en roulant.

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Parce qu’un dunkin, ça reste un dunkin

Jeudi, 9 août, 2007 · Laisser un commentaire

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Bonjour, la police…

Pour vrai, il doit y avoir une petite boulangerie ou un café sympa à tous les coins de rue à Berlin, et pourtant, la mondialisation impose ses classiques, dont celui-ci: le dunkin donuts est LE spot où s’approvisionner quand t’es dans la pôlice. Ils ont dû écouter du RBO eux autres aussi, quand ils étaient jeunes.

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Le mouton noir – Berlin en film

Mardi, 7 août, 2007 · 2 commentaires

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L’autre jour, j’étais à vélo puis j’ai aperçu une grosse van de police. Je n’ai évidemment rien à me reprocher, mais je ne sais pas pourquoi, à chaque fois que je croise la police, que ce soit à voiture, à vélo, à pied ou en autobus, un court flash me passe systématiquement par la tête: “oh! la pôlice! est-ce qu’ils vont m’arrêter?”

Bref, cette fois-là, je me suis bien amusée en découvrant que c’était même pas une vraie police – fiou – le camion en question était recouvert de posters étranges, un mouton se faisant empaler par ce symbole berlinois par excellence qu’est la Fernsehturm. “C’est bin Berlin, ça”, que je me suis dit. Mots-clé: récupération, ironie, trash. Le poster, je le revois à quelques reprises dans la ville au cours des heures qui suivent: on y annonce le film “Schwarze Schafe” (le mouton noir).

Deux jours plus tard, je me faisais à nouveau recommander ce band de montréalais qui vivent à Berlin, King Khan & The Shrines, du rock’n'roll pur sang qui – apparemment – fait bon de voir en show. (Je tenterai de voir leur prochain concert, le 23 de ce mois, et vous en donnerai des nouvelles…). Va voir leur site, pour découvrir que c’est justement leur musique qui vient trame-sonoriser le film en question. Tant de coïncidences me disent: va voir ce film.

Le film raconte, en gros: nous sommes tous des moutons noirs. Et s’il y a une ville où les losers sympathiques sont mis en valeur, c’est bien Berlin. Évidemment, je ne sais pas si Schwarze Schafe sortira de l’Allemagne, ni s’il sera traduit ou sous-titré en français, ni si c’est si drôle pour quelqu’un qui ne vit pas à Berlin. Rempli d’insides jokes. Mais pour ceux qui sont dans les parages ces jours-ci et qui s’adonnent à comprendre l’allemand, je vous recommande. C’est bin Berlin, je vous dirais, avec l’humour noir et brun marde multiplié par 100, soyez avertis. Nous, on a ri.

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Ceci n’est pas Berlin

Dimanche, 5 août, 2007 · 2 commentaires

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Mais plutôt Wesel. Ai eu l’honneur d’assister aux glorieuses journées “PPP” de cette petite ville de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, 30e anniversaire de l’événement en question.

PPP pour “Pauken Plunder Promenade” – tambours, bric-à-brac et promenade. En soirée, une grosse foire: du clinquant, des feux d’artifice, des stands de tir et quelques manèges. Et de la bière, bien sûr. Ça m’a rappelé nos étés à l’expo de Trois-Rivières, mais avec un ti-quelque chose de bin surréel. Quand je vous dis, Berlin, c’est pas comme le reste de l’Allemagne, c’est dans des soirées comme celles-là qu’on peut vraiment constater l’ampleur de la chose.

Mon oreille a tout de suite été alertée par la sélection musicale du concert à l’entrée du site: un feu roulant de HITS de danse comme on les aime, que ce soit du bon vieux Right Said Fred, du  Snap, du KWS ou du Haddaway, ya pas un classique de 1992 qui n’y ait échappé. Un groupe habillé à la ABBA interprétait énergiquement ces tubes, oui oui, faisait des covers de ces grands succès, et c’était capoté. Des chanteurs/danseurs si heureux, on n’en voit pas tout les jours. On pense sérieusement à les inviter lors de notre prochaine fête de maison.

Côté look chez les jeunes, j’ai pu constater que la mise en plis en vogue dans cette région s’apparente également à ce qui était au top du chic dans le Village en 1992, ou encore ce look qu’arborait Stéphane Rousseau cinq ans plus tard, c’est-à-dire le 2 tons, bleaché et brun, avec bin des petits pics de gel dans les cheveux.

Autrement, mon enchantement en général provient de l’omniprésence de l’imagerie américaine, avec des airbrush de personnages inspirants comme la Statue de la Liberté, des Break Dancers et des Pin-Ups, des modèles en plastique de hamburgers et de hot dogs géants et ces kiosques aux gros panneaux clignotants rappelant qu’ils proposent là en primeur une “nouveauté provenant directement des États-Unis”. Beaucoup de lumières, beaucoup de couleurs. Comme un mini-Vegas, mais en Europe. Qu’est-ce que tu veux de plus pour euphoriser.

Je vous préparerai une expo de photos cet hiver à Montréal. Je trippe trop.

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