
Tsé, quand tout à coup t’entends plein de fois parler de la même affaire? Genre, quand c’est comme une tendance, ou dans l’air du temps, comme ils disent? Alors pour le Daumenkino, c’était ça. Daumenkino = cinéma pour les pouces, ou flip book en bon français.
La semaine passée, je m’affairais avec une complice aux idées tordues à monter un hommage expérimental au flamenco andalou, à la bohémienne mezzo-soprano Carmen et au broadwayesque STOMP, le tout sous forme de flip book.
Puis hier, nous avons découvert que nous n’étions pas les seules à nous passionner pour la magie du cinéma à pouces. Alors que nous ne sommes que de quelconques amatrices, un dénommé Volker Gerling semble avoir décidé d’y consacrer sa vie, en quelque sorte. Il est “daumenkinographe”, et hier nous avons pu voir une présentation publique de son oeuvre. Il flippait en direct, le tout magnifié par une projection vidéo. Poétique, drôle, minimaliste: tout ça et plus. En fait, l’histoire de sa démarche est pratiquement plus fascinante que son art. Pour en vivre et s’y consacrer pleinement, il a commencé par aller dans les bars et les cafés pour y présenter ses livrets. Puis il a décidé de quitter l’espace de confort qu’est Prenzlauer Berg, avec ses cafés branchés et sa clientèle cultivée, pour partir à pied, sac au dos, sans argent mais tout un mini-cinéma ambulant à la portée de tous ceux qui croiseraient sa route, des fermiers, des ti-vieux, des jeunes néo-nazis, des barmaids pis ben du monde comme on s’en doute. Il a ainsi parcouru toute l’Allemagne, s’est rendu en Suisse, est revenu, et n’a jamais manqué de rien. Pourquoi on se complique la vie, quand ça peut être si simple, hein?











