berlin et les autres

Entrée de juin 2007

Tous les chemins de Berlin mènent au Daumenkino

Vendredi, 29 juin, 2007 · Un commentaire

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Tsé, quand tout à coup t’entends plein de fois parler de la même affaire? Genre, quand c’est comme une tendance, ou dans l’air du temps, comme ils disent? Alors pour le Daumenkino, c’était ça. Daumenkino = cinéma pour les pouces, ou flip book en bon français.

La semaine passée, je m’affairais avec une complice aux idées tordues à monter un hommage expérimental au flamenco andalou, à la bohémienne mezzo-soprano Carmen et au broadwayesque STOMP, le tout sous forme de flip book.

Puis hier, nous avons découvert que nous n’étions pas les seules à nous passionner pour la magie du cinéma à pouces. Alors que nous ne sommes que de quelconques amatrices, un dénommé Volker Gerling semble avoir décidé d’y consacrer sa vie, en quelque sorte. Il est “daumenkinographe”, et hier nous avons pu voir une présentation publique de son oeuvre. Il flippait en direct,  le tout magnifié par une projection vidéo. Poétique, drôle, minimaliste: tout ça et plus. En fait, l’histoire de sa démarche est pratiquement plus fascinante que son art. Pour en vivre et s’y consacrer pleinement, il a commencé par aller dans les bars et les cafés pour y présenter ses livrets. Puis il a décidé de quitter l’espace de confort qu’est Prenzlauer Berg, avec ses cafés branchés et sa clientèle cultivée, pour partir à pied, sac au dos, sans argent mais tout un mini-cinéma ambulant à la portée de tous ceux qui croiseraient sa route, des fermiers, des ti-vieux, des jeunes néo-nazis, des barmaids pis ben du monde comme on s’en doute. Il a ainsi parcouru toute l’Allemagne, s’est rendu en Suisse, est revenu, et n’a jamais manqué de rien. Pourquoi on se complique la vie, quand ça peut être si simple, hein?

Catégories : Allemagne · Berlin · Daumenkino · Prenzlauer Berg · Volker Gerling

Tournée des musées – 1: O, douleur.

Vendredi, 29 juin, 2007 · Un commentaire

Quand on s’installe dans une ville pour un certain temps, il y a des choses qu’on néglige de faire, sachant qu’elles seront toujours à portée de main quand l’envie nous prendra. Je suis persuadée que certains touristes ayant visité Berlin pendant quatre jours ont vu plus de musées berlinois que moi. J’ai décidé de corriger cette situation en me donnant une certaine discipline, une visite hebdomadaire dans un musée ne fait pas de mal à personne. D’autant plus que les musées publics de Berlin sont gratuits à tous les jeudis, quatre heures avant la fermeture. Suffit de savoir à quelle heure le musée ferme.

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Alors pour profiter du gratuit cette semaine, je suis allée voir l’expo temporaire “Schmerz/Pain” au Hamburger Banhof, un gros musée d’art contemporain. Toute l’expo était basée sur une réflexion sur la douleur : un thème absolument universel, passionnant. Un mélange d’art, de recherches scientifiques, philosophiques, spirituelles et médicales sur la douleur et une bonne dose de freak-show morbide. Alors à travers des représentations antiques du Christ démembré, on découvre comment des scientifiques du XXe siècle ont tenté de quantifier la douleur de la crucifixion avec toutes sortes de tests étranges. Divers êtres/membres du corps difformes baignent dans le formol, hmmm : expo peu recommandable pour hypocondriaques, femmes enceintes et autres coeurs sensibles.

Catégories : Berlin · Hamburger Banhof · Schmerz · bébittes dans le formol · musées

Souvenirs d’Istanbul…

Mardi, 26 juin, 2007 · 4 commentaires

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Ça sent la même affaire que dans les marchés en Turquie, on entend des “çok güzel” pareil comme en Turquie et la proportion de femmes voilées semble encore plus forte qu’en Turquie… Rendez-vous au Maybachufer, à Kreuzberg, à tous les mardis et vendredis: c’est le marché turque de Berlin. Une belle façon de voyager pour pas cher. Pour remplir son sac de fruits et de légumes pour quelques euros, pour pêcher ce qu’il y a de plus frais comme poisson en ville ou pour dénicher des bébelles qui flashent, le voile dernier cri, des parures et des dentelles “directement de Paris”(!), ya pas mieux.

Dans les années soixante, l’Allemagne a connu un gros boom économique et a fait venir des travailleurs d’un peu partout, notamment de la Turquie (toute une génération de “gastarbeiter”- les “travailleurs invités”- se sont ainsi établis au pays). Maintenant il y a plus de deux millions de Turcs en Allemagne, Berlin est la ville où il y a le plus grand nombre de Turcs à l’extérieur de la Turquie. Ça donne une belle couleur à la ville.

Je dis: çok, çok güzel*.

(*ben ben beau…)

Catégories : Allemagne · Berlin · Kreuzberg · gastarbeiter · marché turque

Bonne fête, maison!

Lundi, 25 juin, 2007 · Un commentaire

Bon, j’avoue, un peu de relâchement bloguesque de ma part… Ça prend pas trop de temps pour que la vie de tous les jours devienne quotidienne et hop! le blogue berlin et les autres prend un peu le bord. Mais voilà, je me promets de revenir à la charge pour vous mes fans, mon entourage québéco-montréalais et même stéphanois (habitants de St-Etienne-des-Grès). Et puis, faut bien continuer à entertainer ces pauvres genss’ qui tapent “tout nu” dans Google et qui tombent sur des photos de tiques, assez amusant.

Alors voilà.

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Profitons de la vie quotidienne pour en parler. Je vis au jour le jour dans un projet de maison qui existe depuis 15 ans. On a célébré son anniversaire cette semaine, notamment avec tout plein de gâteaux, un théâtre de marionnettes pour les plus petits enfants puis des concerts de musique expérimentale et classique, des cocktails et des DJs pour les enfants plus âgés. Ben le fun.

Projet de maison? (Traduction de Haus Projekt…) J’explique: vivent ensemble une vingtaine d’adultes, sept-huit enfants (après un bout de temps, on arrête de compter…). Puis, toutes sortes d’à-côtés qui s’y greffent: un petit cinéma de répertoire à 25 places au rez-de-chaussée où l’on se donne régulièrement dans les concerts de musique bizarre, le “Salon Bruit”, un collectif vidéo, un studio de danse, un atelier de poterie, un atelier de menuiserie pis un mini-golf. Entre autres.

Il y a 15 ans, donc, il y avait beaucoup d’immeubles vides dans la partie Est de Berlin qui ne demandaient qu’à être squattés. Une troupe de gens ont repéré notre immeuble, pratiquement en ruines, et ont décidé de se l’approprier. Tous vêtus de blanc, avec des masques de chirurgiens, ils ont fait une “opération de sauvetage”, installant une grosse croix rouge sur la devanture de la maison. Quand les policiers sont passés faire un tour, rappelant que le squattage était illégal, les colonisateurs en blanc ont répondu qu’il s’agissait en fait d’une “performance artistique” mentionnant une loi quelconque qui les appuyait dans leur démarche. Et puis ils ont eu la paix. Et puis ils sont restés là.

Après quelques temps, les propriétaires dispersés de la propriété en question ont vendu le lot, des employés y ont été envoyé pour enlever les déchets qui y traînaient. Comme il s’apprêtaient à défoncer la porte, les habitants de la maison ont appelé la police et c’est la police qui a fait en sorte que les squatteurs aient pu y rester… Assez inusité dans l’histoire berlinoise.

Depuis, il y a eu des subventions pour rénover la maison. Le statut étant clarifié depuis 1994, il n’y a plus personne qui viendra défoncer la porte pour éliminer les déchets. En plein coeur de Prenzlauer Berg, sur la très chic Kastanienallee (j’y reviendrai prochainement) vivent une vingtaine d’adultes, sept-huit enfants et des tonnes de gros chaudrons.

Catégories : Berlin · Haus Projekt · K77 · Kastanienallee · Prenzlauer Berg

Relaxer

Mardi, 12 juin, 2007 · 2 commentaires

Bye Bye Heiligendamm.

Après plus d’une semaine à vivre côte à côte avec la police et le son perpétuel des hélicoptères, ça fait du bien de passer à autre chose. Vraiment, ça tue physiquement, mentalement, cette brutalité perpétuelle et surtout l’hypocrisie de toute la chose. La police n’a pas gagné beaucoup de points dans les derniers jours du sommet. Ont entre autre accusé les clowns rebelles de les avoir attaqué avec des produits chimiques et des patates cloutées, ont exaggéré l’ampleur des blessés dans leurs troupes et un des policiers en civil déguisé black block style s’est fait prendre par tout plein de médias en train d’inciter les autres à la violence dans une barricade tout à fait paisible. Ça pue.

Bref, je suis contente d’être ailleurs maintenant.

Ai passé un 24 heures magique près de la mer baltique. Super beau, relaxe, on voit la Suède au loin. Ça m’a rappelé Sandbanks et toute la gang de belles poulettes montréalaises.

Maintenant je suis à Wesel, chez la belle belle-maman. Juste avant de partir, je me suis ramassé un petit Nick Hornby à 1 euro au marché aux puces, tout léger tout bon pour le voyage en train, How to Be Good. Comme par hasard, la dernière fois que je suis venue ici, à Noël, je lisais aussi un roman anglais du même genre, “comédie aigre-douce famille dysfonctionnelle mais dans le fond on s’aime”, On Beauty de Zadie Smith. Vous recommande les deux.

Catégories : Allemagne · Black Block · G8 · Heiligendamm · Mer Baltique · Nick Hornby · Wesel · Zadie Smith

Barricades

Vendredi, 8 juin, 2007 · Laisser un commentaire

Je quitte le camp aujourd’hui, suis bien en vie (love you, mom!).
J’essayerai de revenir sur le tout lorsque je n’aurai pas besoin d’écrire sous une tente surchargée avec 12 autres personnes… Tout court donc, pour vous parler des barricades. Mardi soir, nous avions un « entraînement » préparatoire où on nous montrait la « technique à 5 doigts », ou comment se faufiler entre une rangée de pôpôlices, puis là je me disais : non non non non, pas question, c’est pas pour moi ça. Nous dans notre petit entraînement bidon, on est en camisoles et en gougounes mais la pôpôlice ici elle est doublement mieux équippée qu’un joueur de football américain. Autrement, on nous montrait aussi comment la police essayerait de nous arracher un par un de la barricade, souvent en nous écrasant le visage ou en essayant de nous tirer les cheveux. Ouch. Pas pour moi. (Et c’est pas juste pour rassurer ma mère que j’écris ça!)

Mais j’ai décidé de suivre la troupe et c’était assez impressionnant à voir. Pour se rendre à la clôture, il fallait passer par la forêt et par d’immenses champs, scènes de style Braveheart.

Et une fois rendu sur place, la technique à 5 doigts m’est apparue un peu plus soft, puisque le mur de pôpô était déjà brisé et éparpillé, et on a pu tranquillement s’installer sur la route pour la journée (et pour la nuit, pour plusieurs, et jusqu’au lendemain… Du renfort se pointait avec de la bouffe et tout.) Tout paisible comme action.

Le lendemain, le plan était de bloquer un autre accès à Heiligendamm. Quand je suis arrivée, il y avait beaucoup de monde mais aussi de canons à eau bien positionnés, qui ont servi au cours de la journée. Plus rough.

Catégories : Allemagne · G8 · Heiligendamm · barricades · canons à eau

Se positionner

Mardi, 5 juin, 2007 · 2 commentaires

J’écris tout court, allez voir de plus longs articles sur le blogue de dropping knowledge.
On sent que la police est de plus en plus nerveuse, bloquant des démonstrations tout à fait paisibles.

Je suis maintenant dans un des gros camps, à Reddelich, l’atmosphère est très belle ici, super organisation, bouffe, douches (froides), Internet de fortune, mais aussi des ateliers d’organisation pour les prochaines journée de démonstrations. Ici on trouve tous les types d’activistes, des krishnas aux black blockers…

J’ai beaucoup réfléchi à la violence qui a eu lieu lors de la démonstration de samedi. Pour cette journée en particulier, elle demeure à mes yeux injustifiable, et ça me déçoit un peu de constater que tant de média-activistes, (Indymedia, g8-tv) n’aient jamais cherché à la condamner. Certains ont prétendu que les policiers ont probablement infiltré le groupe pour débuter les émeutes, d’autres racontent comment les “autonomes” se sont bien défendus face aux attaques de la police. Ça me déçoit, mais j’avoue que le sentiment et la perspective doit être complètement différent quand ça fait des années que tu es confronté à la répression policière, lourde, lourde. On parle de gens qui sont en guerre.

Heureusement, la taz, journal berlinois de gauche qui ne rate pas une occasion de dénoncer la répression policière, s’est clairement positionnée contre et a parfaitement exprimé mon avis sur la chose. On verra pour la suite des choses, mais les jours qui viennent vont certainement offrir des images de violence au monde, puisque des gros mouvement de blocades sur les routes menant à Heiligendamm s’organisent ici.

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Triste

Samedi, 2 juin, 2007 · Un commentaire

Ça prend pas grand-monde pour tout gâcher. Je trouvais que c’était une super belle démonstration paisible, plein de monde de partout. Finalement, il y a eu violence. J’ai même pas vu la chose passer, j’étais avec une belle gang de monde, puis j’ai vu les restes de pierres qui avaient été lancées, les carcasses de voitures en train de brûler et ça m’a rendue triste. Au départ, je pensais que c’était juste des ti-punks qui ont décidé de profiter de la journée pour s’exprimer un peu, mais il semble que ce soit un groupe de gauche radical qui ait consciemment décidé de monopoliser l’attention du monde entier alors qu’on était un autre 80 000 à protester de la bonne manière. Et évidemment, dans ce contexte-là, la police allemande n’est pas des plus tendres, oh non.

Hé misère de cochonnerie… Le beau slogan “Un autre monde est possible” est devenu un peu ridicule à travers tout ça.

Je pense que je vais aller me coucher.

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Catégories : Allemagne · G8 · Rostock

Macadam Tribus

Samedi, 2 juin, 2007 · Un commentaire

Je fais une conversation avec M. Jacques Bertrand ce soir pour Macadam Tribus. Zécouterez ça.

Catégories : G8 · Macadam Tribus · Rostock